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    Le taunt dans tous ses états

    Le CEC vous parle aujourd’hui d’une habitude très répandue dans l’esport : le taunt. Quelle est cette pratique et comment les éditeurs de jeux y font-ils face ?

    Le taunt (“provocation” en français) consiste à se moquer d’un adversaire ou à le tourner en ridicule, souvent après sa défaite. Trashtalking en NBA, postures des gardiens de foot qui impressionnent et piques en conférence de presse… le sport traditionnel ne manque pas d’exemples en la matière.

    C’est toi qui a traité ma mère, là ?

    Et dans les jeux vidéo en ligne, c’est bien sûr un grand classique. Que ce soit à l’écrit ou à l’oral, les taunts fusent sur le chat. Vous vous faites rouler dessus sur League of Legends ? Il y aura toujours un petit malin en face pour enfoncer le clou en écrivant “lol noob”. Vous rencontrez un adversaire plusieurs fois d’affilée sur StarCraft II et vous avez déjà perdu les deux premières parties ? Pas de souci, il vous le rappellera en disant : “essaie de tenir un peu plus longtemps ce coup-ci”. Et après, il vous balancera quelques « manner mules » pour faire bonne figure.

    Parfois, les taunts se passent de commentaire.  Prenez le teabagging, par exemple. Sur les jeux de tir à la première personne (et sur certains jeux de combat), cette charmante coutume consiste à s’accroupir de manière frénétique au dessus du cadavre de votre adversaire. Sur LoL, il est de rigueur de faire apparaître son badge de maîtrise du champion après une belle action. 

    Quant aux jeux dépourvus de chat libre comme Hearthstone ou Clash Royale, ils n’excluent pas la possibilité du taunt. Les emotes font en effet très bien l’affaire : tout le monde sait bien que vous ne vouliez pas vraiment saluer votre adversaire après votre bonne pioche.

    Arrêtez de vous taunter !

    Devant ce phénomène, les éditeurs de jeux prennent parfois position. Riot Games fait parties des premiers à avoir introduit une forme de contrôle avec le Tribunal en 2011. Ce système permettait à la communauté de mettre au ban les joueurs trop agressifs ou ayant tendance à quitter les parties trop tôt. Bien sûr, ce sont les insultes à caractère haineux qui sont les plus visées, les petits taunts gentils passant au travers des mailles du filet. Depuis 2014, cette fonctionnalité a été désactivée, mais Riot reste très vigilant sur le sujet.

    Kayle, égérie du Tribunal sur League of Legends.

    Plus récemment, Blizzard y est allé de son grain de sel sur Overwatch. Si d’aventure vous écrivez “GG EZ” (comprendre “bien joué, c’était facile bande de nazes”) dans le chat, le jeu remplace automatiquement les mots par des répliques choisies au hasard, parmi lesquelles :

    “Maman dit qu’à mon âge, je ne devrais pas sucer mon pouce.”

    “Je n’aurais rien contre un câlin.”

    “Je tente de surmonter certaines difficultés dans ma vie, mais merci à tous de jouer avec moi.”

    Dans une mise à jour en début d’année, l’éditeur américain aurait même volontairement ralenti la mécanique d’accroupissement pour éviter le teabagging sur Overwatch.

    Ma liberté de taunter

    Mais tous les studios n’adoptent pas forcément cette attitude protectrice et bien pensante. Les développeurs du MOBA Heroes of Newerth proposent ainsi aux joueurs de se procurer des taunts au sein-même du jeu.

    Deux grosses lettres “GG” qui écrasent l’adversaire, un bébé qui se met à pleurer ou encore un écureuil qui prend des poses suggestives en exhibant ses noisettes… la créativité du studio est sans limite. S2 Games inclut ainsi la culture du trashtalking dans le jeu, encourageant les joueurs à se chambrer un peu. Mais Heroes of Newerth étant un jeu beaucoup plus élitiste que LoL, il y a moins de risques que les nouveaux joueurs soient rebutés par ces fonctionnalités.

    Actuellement, la tendance est plutôt aux jeux lisses et aux restrictions dans le chat. Sur Heroes of the Storm, il est même impossible de parler à l’équipe adverse ! Cela peut entraîner une forme d’hypocrisie, car il s’agit avant tout de jeux d’opposition. Mais si certains éditeurs penchent parfois un peu trop vers le politiquement correct, le taunt peut aussi prendre des proportions malsaines et ôter toute envie de jouer. Pour qu’un titre fonctionne, il faut que les joueurs prennent un minimum de plaisir lors d’une partie et qu’ils ne se sentent pas trop oppressés. Alors, quelle est la bonne formule ?

    Crédit bannière : Benlo

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